12-08-2010


Ebenhausen, le 12 août 2010
Bonjour les amis,

Ah, ah, voici de nouveau le temps de vous faire un coucou et de vous informer de la suite de mes aventures… Alors retour en arrière : nous voici en février, en Suisse dans un chalet avec plein d’amis à l’occasion des vacances de neige. C’est chouette, il y a cette année beaucoup d’enfants de mon âge et je peux bien m’amuser : surtout me déguiser en princesse puis jouer avec les copines. Tous les matins, il faut tout de même que j’aille au ski. Je ne suis pas motivée car je préférerais mettre ma de robe princesse. Heureusement, avec maman, je trouve un compromis et j'ai le droit de porter ma belle robe sous ma combinaison. Les cours se passent bien et tout le monde me félicite pour les efforts et les grands progrès que je fais en ski. L'après-midi, après un bon temps calme au chalet, nous partons à la piscine du village. Là c’est sûr, je dois quitter mes habits d’apparat pour ne porter qu’un maillot de bain, mais tant que c’est pour faire la course dans les toboggans géants et partager les matelas avec Paulin, Pierre, Victor et Aurelien, il n’y a pas de problème. Retour au chalet : soit il y a encore le temps de faire de la luge dans la pente devant le chalet, soit je reste à l’intérieur et vais rejoindre les filles et les belles tenues. A la fin de la semaine, il y a un petit test de niveau dans mon cours de ski. Ici, en Suisse, on ne passe pas le flocon ou la 1ère étoile, non, les grades ont des noms beaucoup plus romantiques, …je viens de décrocher le grade de … devinez un peu… princesse !!! Je pense que ma tenue sous ma combinaison y a bien contribué !

Retour à la maison, si je ne suis pas prise par l’école ou les devoirs, vous me trouverez en train de jouer dans le jardin, soit occupée à la construction, décoration et préparation des vivres de mon château de neige pour les nains, soit en train de faire de la luge sur le toboggan.

Mars :
Génial ! Isabell, une de mes deux meilleures copines va avoir son anniversaire ! Bien sûr, elle m’a invitée. Avec maman, j’emballe les petits paquets prévus pour elle et pour décorer le tout, toute la semaine qui précède l’anniversaire, j’utilise mes temps libres pour confectionner sur chacun des trois cadeaux, un objet en perles à repasser, que je colle sur le papier cadeau. Il s’agit de formes (ronde, étoile, cœur) sur lesquelles je choisis puis dispose minutieusement de petites perles en plastique qui après repassage se collent entre elles pour former un joli objet.
Enfin, c’est l’anniversaire ! Quel formidable après-midi ! Chacune des invitées est une princesse et Isabelle est la reine. Nous portons toutes de belles couronnes préparées par la maman. La table est décorée avec des ballons pliés, formants des petits animaux  sur chacune de nos assiettes. Nous faisons des jeux de princesses et reine tout l’après-midi et bien sûr, le gâteaux est très bon, je sais lui faire honneur. Il y a aussi un tas de friandises.
Oh, là, là, je ne sais pas pourquoi, j’ai mal au ventre ce soir….
« Maman !!!, J’ai vomi ! » ça, c’est un des nombreux appels de détresse que je lance pendant cette nuit difficile qui suit l’anniversaire. Il n’y a que dans un seul sens de passage, qu’ils sont bons, les bonbons.

Chic, maintenant c’est Caroline qui m’invite à son anniversaire ! Malgré les avertissements de maman, quand glaces, gâteaux et bonbons sont présents, il faut que je croque dedans !
Et la nuit qui suit, mon pauvre estomac et mon pauvre foie se plaignent de nouveau… je laisse maman laver mes draps et nettoyer la moquette de ma chambre jusqu’aux toilettes et vous passe les autres détails.
Troisième week-end, troisième invitation d’anniversaire de suite, cette fois, c’est Rahyan, un garçon qui invite toute la classe sur un terrain de foot. Je ne m’y connais pas trop en foot, mais pour lui faire plaisir, je lui fais non pas un dessin de fée mais de foot. De nouveau, maman me donne des recommandations diététiques et me prévient que le week-end prochain, ce sera Pâques, donc si je veux espérer manger les chocolats du lapin de Pâques la semaine prochaine, il faut que je ménage mon ventre…. Ma gourmandise est par contre supérieure à ma sagesse et la nuit qui suit fait éclater la vérité…

Avril
Voici Pâques et… mon estomac et mon foie savourent le mystère de Pâques, j’ai été sauvée!

Nous partons maintenant en vacances sur une péniche à Venise et aux alentours.
Un premier arrêt nous fait découvrir une berge bordée de saules pleureurs. Quand je vois ma sœur se suspendre aux longues branches, je suis un peu dubitatives, mais je ne résiste pas très longtemps à l’envie d’essayer aussi de me transformer en Tarzan. Waouh, quelle après-midi !
Papa appelle pour repartir, vite je ramasse quelques fleurs pour faire un beau bouquet puis remonte à bord.
Quand la navigation reprend, bien qu’il m’arrive aussi de dessiner sur la table, le plus souvent je vais me nicher dans « mon petit coin », en haut contre le pare-brise, où j’ai installé mes affaires : jouets et crayons.
Une halte sur un bras de mer à une embouchure boueuse d’un petit ruisseau est notre nouvelle aventure : avec Anne-Amalia, nous descendons de la péniche avec nos bottes, mais nous nous enfonçons tellement, que les bottes restent coincées. Papa est obligé de venir nous secourir. Nous recommençons notre expédition, cette fois pieds-nus. Comme c’est bien de se promener dans cette boue !!! « C’est dégueu, c’est dégueu ! », mais je ne suis pas le moins du monde répugnée, au contraire, j’éclabousse le plus possible en marchant en reprenant mon refrain à tue-tête : « C’est dégueu, c’est dégueu ! ». Bon, je finis quand même par m’enfoncer trop dans un passage délicat et ma sœur n’arrive pas à me sauver, il faut de nouveau que papa vienne à la rescousse. Ah, comme c’était dégueu !
Le reste du voyage est plus poétique. Maman nous lit les aventures de Tom et Léa et de leur cabane magique qui les transporte à Venise. Arrivée dans cette belle ville, je repère avec intérêt tous les éléments cités dans le livre : place St. Marc, prison, tour de l’horloge, Campanile, lion ailé.

Nous sommes de nouveau à la maison. Maman est devant sa machine à coudre, occupée à préparer la robe de communion de ma sœur. Je la regarde, envieuse et en rêvant. Au fait, maman, tu as toujours ta belle robe de mariée ? Je peux la voir ? Tu peux la mettre pour que je vois comme ça fait ? … je peux l’essayer aussi ? Oh là, là, comme je suis une belle princesse quand je porte cette robe !!! C’est un merveilleux voyage au pays des comptes de fées que je suis en train de faire !

Bon, je me change et revêts une tenue de princesse plus pratique puis me rends au salon. Là, accompagnée d’un disque de Händel, Wassermusik, je danse en m’imaginant être dans un bal en mon honneur, un mariage ou un spectacle de danse de fées.

Tiens, ce matin, je vais mettre ma robe bleue avec ma chemise blanche (bordée de bleu), ma culotte blanche et mes collants rayés bleu et blanc, pour aller à l’école. Ma coiffure : deux couettes tenues par des élastiques blancs et 2 barrettes bleues. Comme je suis exceptionnellement en avance, avant que n’arrive l’heure du bus, je file vite rejoindre mes perles au salon et entreprends de me confectionner un collier bleu et blanc (en alternance, une perle bleue, une perle blanche…). Le problème, est que parmi les perles de toutes les couleurs, les perles blanches se font rares et j’ai du mal à les trouver. L’heure avance, maman me presse. Perle après perle, mon collier progresse … lentement. Ah non, là il n’est pas encore assez long, il faut que je continue …une perle bleue, une perle blanche... Petit déjeuner ? Ah non, je n’y ai pas encore pensé. …une perle bleue, une perle blanche... Finalement, c’est inéluctable, je rate mon bus et maman m’emmène à l’école pendant que je croque un petit pain dans la voiture. Stressée ? non, pourquoi ? Ah ! Je me sens bien dans ma belle tenue !

Comme dans tout compte de fée, il y a une sorcière. Je n’en peux plus de toujours me faire gronder et taper injustement par ma sœur. En particulier dans le bus du matin, Anne-Amalia est à coté de moi, nous sommes loin des parents qui pourraient me protéger, et le conducteur de bus ne dit de toute façon jamais rien.
« Ma sœur, je la déteste ». Je ne supporte plus la supériorité de sa force physique qui fait qu’il faut toujours que je m’écrase devant elle. Il n’y a qu’elle qui a le droit de parler, de décider, et de faire sa loi par la violence en fonction de son humeur. Mes plaintes abondent quand je rentre de l’école, ou alors le soir, quand j’ai un temps privilégié avec maman pour lui confier mes peines : « J’aime pas Anne-Amalia. », « Si c’est moi qui était la grande et Anne-Amalia la plus petite, ça serait la grande qui serait sage et la petite qui serait toujours pénible : ça serait plus normal. Je pourrais lui expliquer ce qu’il ne faut pas faire. »

J’aimerai tellement être une fée ! C’est bien, une fée, ça peut marcher, nager, voler, bien chanter et faire de la magie ! Maman, comment on fait pour devenir une fée ? Malheureusement, maman m’explique que nous sommes des humains et que tout comme nous ne pouvons devenir ni des chats ni des chiens, nous ne pouvons également pas devenir des fées. Tous mes sentiments se mélangent. Je suis pleine de désespoir et de tristesse, puis la colère monte en moi et je reproche à maman de ne pas être elle-même une fée, comme ça, j’aurais pu être une fée aussi.
Mes deux vœux les plus chers sont de voler et de faire de la magie, en particulier de transformer Anne-Amalia en gentille sœur. Ah, combien de fois ai-je déjà fait ce rêve d’avoir une gentille sœur !!!

Heureusement, avec mon frère, ça marche super bien ! Que ce soit pour partager un moment du matin pour boire ensemble nos biberons de chocolat au lait (et oui, je suis toujours accro. !), lui faire un câlin ou jouer ensemble, ça se passe toujours bien. J’emmène mon prince sur mon cheval de bois, lui lis des livres, chahute avec lui sur le trampoline ou le trapèze, vais même jusqu’à lui prêter un de mes bébés. Après tout, on n'a qu’à dire que c’est lui le papa et moi la maman de mes deux bébés, donc il a bien le droit d’en prendre un avec lui. Bien sûr, des fois, il fait des bêtises, comme ce matin, il a encore renversé toutes mes perles au sol et j’ai du les ramasser toute seule, mais après l’avoir grondé, je lui ai vite pardonné.

J'ai aussi de gentils amis. Dans ma classe, je suis bien intégrée, ne joue maintenant pas seulement avec les enfants comprenant l’allemand, mais je joue également en anglais avec ceux ne communiquant que dans cette langue. Les plus grands temps des récréations restent ceux passées en compagnie d’Isabell et de Cecile, à jouer aux princesses ou à la maman et aux bébés, mais il y a de chouette moments, comme avec Max, qui m’a demandé si je voulais bien me marier avec lui. Depuis, c’est mon copain et je l’adore.

Tiens, aujourd’hui, vendredi après-midi, nous emmenons Anne-Amalia à son cours d’équitation. En attendant la fin de son cours, comme il fait beau, nous nous arrêtons dans un champ de fleurs au bord de la route. Je m’y précipite pour y faire un beau bouquet. Pendant que maman va le mettre dans la voiture, je remarque que dans le champ d’à coté, il y a beaucoup de grandes herbes sèches (qui avaient été couvertes par la neige cet hiver). J’en ramasse un petit nombre et les arrange en couronne pour faire un nid. Un bois borde le champ et je me précipite vers un arbre pour y déposer le nid entre des branches. Comme ça, les oiseaux auront un nid déjà tout fait ! Plus loin, dans les bois, il y a une cabane. Elle est perchée dans un arbre. Agilement, je grimpe entre les branches pour m’y rendre. Eh « mum », (et oui, à force de devoir lire des livres en anglais pour l’école, ça me déteint dessus et j’interpelle maintenant maman assez souvent de cette façon), elle est vraiment bien cette cabane dans les bois. Est-ce qu’à mon anniversaire, on pourra faire un jeu de piste qui arrivera jusque là, et en haut, le trésor y sera caché, avec plein de bonbons dedans, que je distribuerai à mes invités ? D’ailleurs, même si mon anniversaire n’a pas encore été fêté et que je ne sais pas encore si mon vœux sera réalisé, à partir d’aujourd’hui, je nomme cette cabane, la « cabane de l’anniversaire ».

Mai :
Ca y est, je « suis » 6 ans ! (pardonnez la faute d’auxiliaire, mais il y a certaines phrases, c’est plus fort que moi, j’utilise la tournure allemande de façon presque incorrigible!).
Ce matin, ma sœur, maman et mon frère me réveillent par un petit déjeuner au lit. Nous nous installons tous dans ma chambre pour pique-niquer le bon gâteau.
J’ai vraiment de la chance: pour mes 6 ans, je vais avoir 6 fois des gâteaux ! D’abord celui de ce matin, ensuite à l’école j’apporterai des gâteaux pour fêter mon anniversaire avec les deux maîtresses et les copains. Ce soir, pour le dessert, nous remettrons ça, puis également dans deux jours quand papa sera revenu (il est absent pour 4 jours). Quand j’irai voir Opa et Oma ce week-end, j’apporterai aussi un gâteau. Et finalement, quand mes copines viendront fêter l’anniversaire à la maison, mais ça, ce sera dans quelques semaines, car tous les prochains week-ends sont déjà pris, par un concert de maman, l’anniversaire de papa en Suisse et un week-end où une de mes meilleurs copines n’est pas disponible.
Bon, assez parlé, il faut que je me dépêche pour manger mon gâteau, et surtout les smarties qui le décorent avant que Carl-Amadé ne s’en charge. Je reçois déjà un « pré-cadeau », pour patienter jusqu’à ce que papa rentre. C’est un assortiment de savons pour le bain, avec en particulier un gel douche de couleur rouge, qui sent le bonbon.

Ah ! Me voici maintenant à l’école. La maîtresse me remet une couronne d’anniversaire. J’ai le droit et l’honneur de me mettre debout sur sa chaise (chaque fois que quelqu’un a son anniversaire, nous faisons ce petit rituel) et tout le monde chante pour moi ! « Happy birthday to you… », puis sur le même air: « How old are you now? » pendant tout un couplet,  vient à moi de répondre tout un couplet : « I am 6 year old now » et la classe reprend ensuite le dernier couplet : « She is 6 year old now ».
Ce sont Isabell et Max qui se trouvent tout près de moi. Cecilie, ne se trouve aussi pas très loin. Bref, avec tant d’honneurs et si bien entourée, je suis vraiment comblée.

Chouette, « Papounet » (et oui, c’est comme ça que je le nomme quand je veux faire ma mignonne) est maintenant rentré de son voyage. Ce soir, au dessert, je souffle donc (déjà pour la 4ème fois) mes bougies. Je suis comblée par une trousse contenant de nouveaux feutres et crayons de couleur, ainsi que des gommettes, un masque et un tuba puisque maintenant je me débrouille bien sous l’eau. Et il parait que ce n’est pas fini: il faut que j’aille dehors pour découvrir l’ultime cadeau. J’ouvre donc la porte d’entrée et … « oh ! Une grande cachette ! » C’est un immense meuble (encore emballé par du papier à bulle, mais on peut quand même bien le voir à travers), d’environ 1 mètre de hauteur, 70cm de profondeur et 1,50m de largeur et on peut admirablement bien se cacher dessous. Je me faufile prestement dessous, c’est formidable ! Tiens, il y a également une jolie chaise rouge de bureau. Ah, mais en fait, ma grande cachette, dessus, ça fait bureau, je pourrai faire de beaux dessins … et mes devoirs… me soufflent mes parents.

D’ailleurs, en parlant de mes dessins, ils ont en ce moment 4 thèmes principaux :
-« j’aime mon papa, ma maman, et Carl-Amadé » (il y a aussi la version longue : « J’aime ma famille et mes racines : papa, maman, Anne-Amalia, Carl-Amadé, Opa, Oma, Milyne, Pilyne, Papé et Anne »)
-« j’aime mes copines »
-« mon monde imaginaire en fête » fête des monstres, fête des étoiles (avec des ballons, glaces et confettis), fête des grenouilles, pays vert de Grenouille (quand je joue à « Grenouille et Escargot » avec maman), fêtes des fées, fête des sorcières, …
-dessins bricolés : avec des papiers colorés, des ciseaux et de la colle et je fais tour à tour, en fonction de mes dessins, apparaître des palmiers, une ville ou des grenouilles.

Je grandis et mon corps aussi. Ma première dent bouge et ça tombe bien, car j’ai pile un rendez-vous chez le dentiste, pour le contrôle annuel de mes dents. Ma dent est mûre donc il peut la cueillir, sans douleur pour moi, puis il me la donne pour que je puisse la mettre sous mon oreiller ce soir et que la fée des dents puisse passer.

Papa aussi grandit. Ce week-end, c’est lui qui fête son anniversaire avec plein d’amis, dans un chalet en Suisse. Pour moi, c’est encore l’occasion de revoir les copains de mon âge: certains que je connais du ski de cette année et d’autres que je ne connaissais pas ou ne me rappelais plus vraiment, mais ce n’est pas grave, tant qu’il s’agit de jouer, dessiner ensemble, se baigner dans la piscine du chalet ou de pique-niquer, la joie est toujours là.

5 juin : Ce matin, je suis invitée chez Christophe, mon parrain, qui me montre ses ruches, ses abeilles et comment il récolte le miel. Il me déguise en apicultrice et j’ai le droit de l’aider et même … de goûter le bon miel. Après mon ample dégustation (vous connaissez ma gourmandise), il reste quand même un peu de miel que Christophe arrive à mettre en pot, tout en évitant que je trempe les doigts dedans… La journée se poursuit avec la fête de mon école. Je montre à Christophe ma maîtresse et tout le terrain de mon école.

6 juin : ce week-end est vraiment super !!! Ce dimanche, mes amies viennent fêter mon anniversaire à la maison. Malheureusement, Max ne peut pas venir. Au milieu des copines, son absence est vite oubliée. Nous partageons d’abord le gâteau, histoire de prendre des forces pour la grande après-midi qui nous attend, puis nous nous lançons dans un long jeu de piste, à travers champs et bois, et bien sûr, en passant par plusieurs cabanes dont, la « cabane de l’anniversaire ».
Après au moins 4 km à courir dans la campagne, nous trouvons finalement le trésor qui se trouve tout simplement dans la cabane du jardin. Le summum de l’anniversaire est alors atteint, avec le partage du trésor, et pour moi, l’ouverture de tous mes cadeaux.

7 juin, le jardin m’offre aussi un cadeau : en rentrant de l’école, je remarque que la première fleur du rosier vient de s’ouvrir. Je l’utilise tout de suite pour cuisiner ma soupe de sorcières : herbes finement coupées, pâquerettes, pétales de rose, petits cailloux et eau de pluie, bien mélanger à l’aide d’une fine branche fraîchement cueillie dans la haie, transvaser la mixture plusieurs fois dans différents récipients de dînette tout en s’aspergeant largement les chaussures, ça y est, la soupe de sorcière est prête !

Cet après-midi, je joue avec Carl-Amadé et maman à la dînette. « Vous pouvez vous asseoir sur les chairs, j’ai déjà mis les Glas et les assiettes. » Ce genre de phrase trilingue n’est pas rare, il ne se passe pas un jour sans que j’en prononce une. Je m’en désole dès que maman me reprend, mais ai conscience que ce n’est pas évidant d’apprendre 3 langues à la fois. Je travaille dur pour rétablir chaque mot dans chaque langue mais que voulez vous, quand je suis emballée par le flot du jeu, c’est dur de garder toute la rigueur, et les premiers mots qui me viennent en tête, peu importe leur nationalité, ont le droit de sortir.
Revenons donc à la dînette. J’ai les yeux brillants d’admiration pour mon frère : on dirait que je serais une jeune fille en âge de me marier et que je serais la serveuse du restaurant et on dirait que Carl-Amadé serait un jeune homme aussi en âge de se marier et toi tu serais sa maman. Je lui sers plein de bonnes choses de la dînette et il a l’air d’apprécier car de son couteau et de sa fourchette, il fait comme s’il mangeait tout puis tend à nouveau son assiette en clamant : « plus, plus ! ».  On dirait qu’il serait amoureux et que ça se verrait à ses joues rouges. On dirait que je lui aurais demandé s’il voulait se marier avec moi et qu’il aurait dit oui. Bon, je vais aller me changer et mettre une jolie robe pour le mariage !

Oh, là, là, tous les garçons veulent se marier avec moi ! Aujourd’hui, c’est Cyprian et Henry qui me l’ont demandé. « Moi, j’te dis ! C’est pas possible de marier tous à la fois ! Mais pourquoi ils m’aiment tous ? Pourquoi ils veulent tous me marier ? » Bon, je préfère Cyprian. Il veut se marier demain mais ce n’est pas possible, il y a déjà la fête de la classe, alors je lui ai dit après-demain. Est-ce que tu auras déjà le temps de laver la robe blanche d’été que j’ai porté aujourd’hui ? Ah oui, Max ? Il est toujours gentil, mais il ne veut plus se marier avec moi.

27 juin : Mon prof de piano et xylophone organise des auditions au moins 4 fois par an. Heureusement, jusqu’à présent, j’ai toujours pu les éviter : une fois nous ne pouvions pas, une autre fois j’étais malade, la 3ème fois nous étions en vacances, mais cette fois, il n’y a pas d’excuse, il faut donc que je fasse (à contrecœur) un concert devant tous les autres parents et élèves de mon prof. Je me sens pas bien, ai mal au ventre, mais finalement, je joue très bien et suis amplement félicitée.

Juillet
« Cool ! » C’est maintenant les vacances ! Je pars tout de suite avec mon frère et ma sœur pour deux semaines chez Opa et Oma au bord du lac d’Ammersee. Ma sœur, par contre, restera juste une semaine car ensuite, elle ira chez Pilyne et Milyne.
La nuit, je partage une chambre avec mon frère et le matin, avec nos bébés, nous allons rejoindre Opa qui, pour nous laisser la place, dort dans le salon. Ah, avec un câlin du matin, la journée commence bien ! Je vais maintenant me baigner un petit coup, puis remonte dans la maison faire des dessins et jouer avec les chatons de mes grands-parents en attendant que mes copines du voisinage arrivent. Ah, ça y est, les voilà. Je retourne avec elles me baigner. Retour dans la maison, nous jouons un peu aux légos avec mon frère puis, place à la musique: je joue du piano avec Opa. Opa continue de jouer, mais moi, je me transforme en princesse et danse au rythme de sa musique. Cet après-midi, pendant la sieste de mon frère, j’irai faire du voilier avec Opa, ensuite, j'irai jouer au sable, à moins que je ne fasse des coloriages.

Papa et maman viennent déjà me chercher et maintenant, nous allons attendre Anne-Amalia à l’aéroport, puis ce seront 2 semaines en famille dans des fermes, qui occuperont la suite de mes vacances.
Quelle chouette ferme !!! Il y a une étable avec des vaches que les enfants ont le droit de nourrir avec l’herbe fraiche coupée et apportée par le fermier, une chèvre, un cochon, un poney, des poules et coqs, des lapins et … des chats : une maman et des bébés qui viennent de naître, cachés sous la paille, mais ils sont trop jeunes pour qu’on leur fasse des câlins, et deux petits chats qui, comme moi,  aiment les câlins alors je ne m’en prive pas. Quand ils ne veulent plus de câlins, je les installe dans le lit de mon frère et ils passent le reste de la journée à l’abris dans notre chambre. J’ai plusieurs copines et dans la cour de la ferme, nous jouons au trampoline, bac à sable ou à différentes histoires de filles. Le lac est tout près et nous allons aussi souvent nous baigner.


La semaine passe vite et nous voici de nouveau en route pour la ferme suivante. Là aussi, il y a un poney, des lapins, coqs, poules, poussins,  cochons, par contre pas de chat mais un petit chien coquin. Comme nous sommes à la montagne, nous restons moins dans la ferme, mais en journée, faisons souvent des randonnées et ça me plait assez. J'agrémente d'ailleurs les sorties avec la fantaisie qui m'est propre. J'imite les vaches en broutant l'herbe, découvre une taupinière et utilise la terre pour aménager une sortie plus confortable pour la taupe. Bien sûr, les randos en montagne, ça ce fait en robe! Et comme ça ne suffit pas à ma beauté, j'ajoute à mes cheveux des fleurs cueillies en passant, me constitue même une ceinture de fleurs.
25 juillet, ce soir, en chahutant avec papa, ma dent qui bougeait déjà tant, reçoit un coup et elle vacille tellement que je n’ai plus qu’à la tirer. Et voilà, ma deuxième dent est partie ! J’espère que la fée des dents va passer !
26 juillet : je ne sais pas si c’est le fait de grandir, d’être plus légère avec une dent en moins, la magie des vacances ou autre raison, mais en tout cas, une chose est sûre, papa, qui a emmené mon vélo en vacances, m’entraîne à pédaler et pour la première fois de ma vie, j’arrive à faire du vélo sans roulettes !!! Je suis très fière, mais n’ai pourtant pas envie de recommencer. Papa me force un peu pour que je m’entraîne à gagner de la stabilité, mais je n’ai ni envie, ni patience pour cela. Traverser deux fois la cour de la ferme en vélo par jour ("devoirs" imposés par papa), ça me suffit amplement.

Août
Voici de nouveau une semaine avec mon frère, Opa et Oma à l’Ammersee. Le temps s’est un peu rafraichi. Peu importe, avec les copains qui ont un sauna dans leur maison au bord du lac, je saute tour à tour dans le lac puis le sauna. Nous nous amusons beaucoup. Bien sûr, je retrouve aussi les légos, les coloriages, le piano et les chats de mes grands-parents et ... toute ma garde-robe! La passion de ma grand-mère, qui n'a pas eu de fille et qui se rattrape maintenant avec ses petites filles, est de repérer tous les voisins et amis qui ont des filles ou petites filles justes plus grandes que nous et qui en grandissant n'ont plus besoin de le robes devenues trop petites. Oma a collectionné tellement de tenues magnifiques que je m'amuse à faire un défilé de mode. Je porte 2 robes différentes par jour, une vraie vie de princesse!

Chic, voilà la semaine attendue depuis longtemps : je suis de nouveau à la maison et tous les jours, je me rends à un cours d’équitation. D’autres filles de mon âge y participent aussi.
Mon tempérament un peu rêveuse fait par contre que la maîtresse doit souvent me répéter les consignes avant que je réagisse et ça me donne le sentiment complexant d’être celle qui arrive le moins, bref la nulle du groupe, quoi. Heureusement, cette mauvaise impression est vite compensée par mon enthousiasme naturel. Les copines sont sympas, j’apprends plein de choses sur les chevaux et ça me plait beaucoup. Chaque soir, quand maman vient me chercher, je m’étonne que la journée ait été si courte et me désole que ce soit déjà fini.


Bon, je vous laisse car je dois de nouveau faire ma valise pour retourner chez Opa et Oma et passer en leur compagnie les quelques jours qui me séparent encore de ma rentrée en première classe (cp).


A la prochaine pour la suite de mes aventures,

Claire-Estelle