12-07-2006

Munich, le 12 juillet 2006


Salut les amis !

J’ai bien grandi depuis mon dernier courrier : j’ai fêté mon 2ème anniversaire : 12 mai, il fait beau, je passe une bonne journée à l’extérieur avec Anne-Amalia et maman. A midi, quand le facteur passe il n’y a que du courrier pour moi, au total 5 lettres. Certains de mes expéditeurs se sont peut-être donné le mot : il y a deux cartes avec des agneaux dessus. Je suis tellement contente qu’il faut tout de suite que j’aille les montrer aux agneaux qui viennent de naître dans le champ d’à côté. Le soir, quand papa rentre du travail, nous mangeons normalement, puis nous installons le dessert sur ma table de dînette dans le jardin, à coté de la tente. J’ai le droit de souffler mes bougies, ça tombe bien, comme je sais justement compter jusqu’à deux, je peux compter le nombre de mes bougies sans me tromper. Anne-Amalia me fait un super dessin que j’admire : « Oh !, Beau ! ». J’ai aussi des cadeaux qui me font plaisir.
Comme faire la fête, c’est bien, je recommence le week-end qui suit avec ma marraine qui passe une soirée avec nous et quelques jours plus tard avec ma copine Émilie et ma nourrice qui viennent spécialement chez moi fêter mon anniversaire pour un après-midi et un soir.
C’est bien, maintenant le printemps est bien installé. Dans le jardin, nous plantons la tente. C’est Anne-Amalia qui dort dedans la nuit avec papa ou maman, et le jour, nous nous en servons pour jouer à cache-cache.
J’adore ma sœur, au lieu de me cacher, je lui fait des gros câlins quand c’est à elle de compter, du coup elle change de jeu et devient mon cheval et moi son cavalier. Elle m’invite ensuite à goûter des fraises des bois dans la dînette ou à boire du « thé » à l’eau de la piscine en plastique. Je veux bien jouer avec elle tant que c’est bébé qui a l’assiette rouge.

 D’ailleurs, avec ma poupée, que j’appelle aussi « Bébé rouge » ou « Bébé Toujours », tout doit être rouge : je l’assois dans sa chaise et lui apporte tous les jouets rouges qui me passent dans les mains : une balle rouge, un anneau rouge une cuillère rouge, des legos rouges, une casserole rouge, des petites voitures rouges, …et exceptionnellement, un coussin orange car je n’en ai pas de rouge. Moi-même, aime manger dans une assiette rouge et boire dans un biberon rouge.

Chouette, nous partons en vacances ! Un peu d’avion, de voiture et voilà, nous sommes dans la maison des vacances. Nous voisins sont des moutons. Je vais leur rendre visite avec papa. Comme il partent d’un coté de la maison, papa les suit en me laissant seule, mais voilà qu’il arrivent par l’autre coté de la maison en sautant, ils ont l’air d’avoir un peu peur de nous, et moi, je reste bien marquée : toutes les vacances je raconte cette anecdote en gesticulant et avec émotion dès qu’on aborde le sujet des moutons ou que j’en vois (et il y en a beaucoup en Crête) : « voir, moutons, saute, peur, Lelle» (« Lelle », ca veut dire : Claire-Estelle) .

Dans la maison des vacances, je trouve tout de suite l’ustensile le plus important, le balai. Heureusement que suis là pour penser au ménage ! Et je me promène souvent avec. Je trouve aussi des choses curieuses : des mouchoirs (les grands appèlent ça des napperons) rangés sur les tables de nuit et les étagères, alors bien que non enrhumée, je m’efforce de me moucher puisque c’était si bien préparé pour nous.

Bon, passons maintenant aux activités : randonnée à pied ou dans les bras des parents pour apprécier la beauté de la Crête : moutons, chats, tracteurs, lecture dans la voiture, repas dans des restaurants ou pique-nique en bordure de poussette, siestes, glaces quotidiennes, et bien sûr, le soir, nous mangeons à la maison un menu apprécié qui me fait répéter avec joie : « bonnes pâtes ! »

L’activité principale est cependant la plage.
Bien sûr, il y a les traditionnels châteaux de sable avec papa et maman, les lancers de sable dans la mer, et les concours de rapidité d’écrasement de tours de sable avec Anne-Amalia, il faut bien qu’il s’amusent un peu avec moi, mais j’ai aussi un programme très organisé à tenir, qui se divise en trois séquences se répétant toujours dans le même ordre et à pratiquer en rigolant :
-Toboggan naturel à utiliser une dizaine de fois à la suite : escalade de rochers puis descente sur les fesses dans la pente de sable,
-cache-cache par la technique d’ensablement de pieds et de mains,
-« pitch-patch » avec les pieds et les mains dans l’eau, courir se laver dans les vagues et vite revenir.

Mon programme est à peine fini qu’il faut déjà partir et se débarbouiller. Une fois propre, je cours hors des vagues et zut, je tombe et me rattrape avec les mains. Avec ces mains pleines de sable, je me frotte le nez et ça y est, il faut que je recommence la séance de débarbouillage : je retourne donc dans l’eau jusqu’à mi-mollets, juste dans les rouleaux des vagues et me nettoie le nez, les mains, etc… dans cette eau forte en suspension de sable. Ca n’a toujours pas l’air de convenir aux parents, mais moi, je m’amuse comme une petite folle.
Le soir, un bon bain est toujours apprécié.

Question tchatche, le volume par minute s’intensifie, mon vocabulaire augmente, la syntaxe s’améliore et la prononciation aussi. Il faut faire cependant attention aux faux amis : « voiture » signifie « couverture » et « hibou » signifie « debout ». Je fais des phrases pouvant atteindre jusqu’à 5 mots : « papa avion, comme une voiture »
L’expression qui domine c’est : « Toute seule » : m’habiller, monter, descendre les escaliers,à table,  je ne veux plus m’asseoir dans ma chaise haute, j’exige un couteau comme tout le monde (ce qui ne m’empêche pas de continuer à manger avec les mains).

Si vous venez me voir, attention aux câlins et aux bisous ! Quand je commence à en donner, je ne m’arrête plus. Et si je suis fatiguée, raison de plus, plutôt que d’être de mauvaise humeur, je me blottis dans les bras de quelqu’un pour envelopper ma « victime » de tendresse, histoire de me faire porter en continu sans refus.
Mais, il ne faut pas croire pour autant que je suis un petit bébé sage et model : en plus de mes traditionnels « toute seule » marquant mon autonomie, j’affirme ma personnalité en tenant parfois tête ou en jouant la provocation en tirant la langue à répétition juste pour être grondée, ou en lançant démonstrativement mon dessert par terre.
Bon, en général, je reste quand même de bonne humeur et avec tout ce qui est drôle ou intéressant autour de moi, je m’occupe de grands moments toute seule surtout avec ma poupée ou mes crayons, mais aussi avec des livres, puzzles ou autres jouets.

Voilà maintenant l’été avec les pique-niques du soir à la plage.
Comme Anne-Amalia nage maintenant sans bouée, je veux faire pareil. J’ai la tête qui enfonce sous l’eau et la bouche qui se rempli par mon large sourire de fierté, je me fais repêcher par papa ou maman qui me grondent d’avoir enlevé mes bouées, puis je guette la prochaine fois où pour quelques secondes, ils auront le dos tourné pour recommencer.

C’est la fin de l’année scolaire, et je vais pour la dernière fois cette année à mon cours de musique. J’adore toujours autant chanter et danser, et même si pendant l’été, il n’y a pas de cours fixe, je ne perds pas une occasion pour fredonner des airs de comptines enfantines (encore très peu reconnaissables pour les oreilles non exercées à mon art), ou pour danser avec plein d’expression dès que j’entends de la musique.

Bon, je vous laisse maintenant, pour que ma lettre reste bien datée du 12 juillet et ne vous fasse pas patienter un mois supplémentaire, je suis sûre que vous êtes très pressés d’avoir de mes nouvelles alors je charge papa vous l’envoyer sans tarder.




A la prochaine, pour la suite de mes aventures,


Claire-Estelle