12-04-2008

Ebenhausen, le 12 avril 2008


Bonjour les amis!

Encore une journée qui commence. Ce que je préfère le matin, c’est de feindre de dormir et que maman me prenne « endormie » sur ses genoux avec mon bébé et que je boive un biberon de chocolat au lait en câlin dans ses bras. Une fois le biberon fini, j’ouvre les yeux et maman me souhaite le bonjour.
« Est ce qu’on va a l’école aujourd’hui ? » Je suis déçue de la réponse positive que je reçois mais je programme déjà l’après-école : « quand on rentrera, on jouera à Blanche-Neige et je mettrai ma belle robe blanche de princesse ».
En voiture, quand je ne suis pas en train de parler à mon petit chat ou de raconter ses aventures, je chante et joue au Quiz musical : je demande à maman de reconnaître la mélodie que je viens de chanter. Le problème est que ma voix n’est pas forte. Des fois-même, je ne chante pas, mais exécute la mélodie juste en faisant claquer mes dents dans le rythme de la chanson. Maman m’assure qu’elle n’a pas entendu, mais comme j’exige une réponse à mon quiz, elle m’indique une chanson, et bien sur, elle à faux et ça me mets en colère. C’était pourtant simple, non, je venais de faire « au clair de la lune » !

A l’école, depuis janvier 2008 ce n’est plus aussi chouette qu’avant: ma copine Clémentine vient de fêter ses 5 ans. Elle ne m’a pas invitée à son anniversaire car elle a un bébé à la maison donc ses parents ne veulent pas. Moi, quand j’aurai 4 ans, par contre je vais l’inviter.
Elle n’est plus tous les jours ma copine. A midi, elle va à la table des grands et quand on joue, elle va jouer des fois avec d’autres grands. C’est un peu un coup dur pour moi. Le soir, je rapporte : « aujourd’hui, Clémentine, c’était pas ma copine, Clémentine, elle m’a tiré la langue, Clémentine elle m’a craché, … ». Même mon petit chat imaginaire s’y met : alors qu’il allait toujours à l’école avec moi, des fois, il reste à la maison parce qu’il boude ! Bon, j’arrive à lier amitié avec d’autres mais je dois chaque fois chercher qui veut bien jouer avec moi, il n’y a plus de valeur sûre, comme c’était avec Clémentine. Et le matin, en allant à l’école, je me fais une raison et explique à maman en ouvrant la porte qui mène à ma classe : « si Clémentine c’est ma copine, je joue avec elle, si elle n’est pas ma copine, je vais jouer avec mon copain Finn ». Encore un bisou, un câlin, puis je dis à maman de partir.
Bon, finalement, la journée se passe quand même bien, d’ailleurs, je gronde maman qu’elle est venue me chercher trop tôt et que je n’avais pas fini de jouer. Et copine ou pas, il y a toujours des choses à raconter : « Quand Manuela n’était pas là et Elisabeth n’était pas là (mes 2 maîtresses), il y a Zoé qui a tapé sur la tête de Melinda et Agidus qui a fait du bruit. Moi je suis nicht auf stehen (= je ne me suis pas levée) mais Clémentine elle est aufstehen. Les autres enfants sont restés aussi. »
Progressivement, je m’adapte à cette nouvelle situation, jour après jour ça s’améliore et finalement, je ne reporte plus de dispute, mais que de chouettes anecdotes avec Clémentine autant qu’avec les autres copains et copines de la classe. Bon, cette transition à quand-même duré presque deux mois.

Autre changement à l’école pendant la même période : je ne fais plus la sieste, les maîtresses on trouvé que plutôt que de faire la foire et de déranger les petits, il valait mieux que j’aille avec les plus grands juste pour un temps calme. Comme nous sommes aussi sur des petits lits, ca ne m’empêche pas de temps en temps de si j’en ai besoin, de piquer un petit roupillon. Du coup le soir, je me couche beaucoup plus tôt et les parents ne se fâchent plus quotidiennement pour que j’arrête de sauter dans tous les sens. C’est bien aussi.

Ah ! Voilà les vacances d’hiver ! Nous allons en France pour une semaine. Je n’ai pas envie de faire du ski, mais je me régale en jouant dans la neige. Tous les jours, face au Mt. Blanc, je fais quelques descentes de luge ou un petit igloo, histoire de satisfaire les parents, beaucoup de descentes de pentes enneigées sur les fesses, c’est beaucoup plus drôle, des « Schnee Engeln » (= anges de neige : consiste à laisser sa trace dans la neige après s’être couchée en bougeant les bras afin que la trace donne l’impression d’ailes d’ange) et surtout, je  me bâfre de neige.
Si mon héroïne du moment est Blanche-Neige, moi, mon surnom actuel est Mange-Neige et je fais fièrement honneur à cette appellation.

De retour, zut, la neige a fondu dans le jardin, mais, certains matins, chouette, il y a une surprise qui m’attends quand j’ouvre mes stores : un fin manteau blanc couvre la pelouse. Chic ! Inutile de vous dire que des matins comme ça, je ne traîne vraiment pas pour m’habiller et fonce dehors. J’ai même découvert des sucettes, enfin, je veux dire des glaçons accrochés sous la balançoire ! Maman me dit ensuite d’aller dans la voiture pour aller à l’école. La bouche pleine de neige, je réponds : « Attends, je n’ai pas finis mon déjeuner ! »

Dimanche des Rameaux : aujourd’hui, nous allons à la messe dans l’église à coté de mon école. Les maîtresses et les copains sont là aussi. Hier soir, en me couchant, maman m’a raconté encore l’histoire de Jésus, de la fête des Rameaux jusqu’à la résurrection de Pâques. En arrivant à la messe aujourd’hui, je vois un crucifix et m’exclame : « maman, il est mort, Jésus ! ». Elle me réexplique qu’il est mort, puis qu’il est redevenu vivant mais qu’on ne peut pas vraiment le voir car il est dans l’amour et dans le cœur des gens. Elle me dit qu’aujourd’hui, on se rappelle de quand il était vivant et que les gens à cette époque étaient tellement contents de le voir, qu’ils déposaient des rameaux sur son passage. Cette question me travaille, pendant toute la messe, je cherche Jésus du regard, mon bouquet de rameaux à la main, prête à le jeter sur le sol lors du passage triomphant. Je redemande à maman, où est Jésus, si par hasard il se cache derrière les rideaux au fond de l’église, puis elle m’explique encore des choses et je me désole : « mais moi, je veux voir Jésus en vrai ! ». Encore à la fin de la messe, mon regard tombe sur une statue de la Piété, alors, Jésus, il est bien mort ? Tout ça, c’est vraiment compliqué ! Il faudra que j’approfondisse ce sujet. Heureusement, il y a des gâteaux à la sortie de la messe et ils me font oublier ces soucis.

Ca y est ! Nous partons de nouveau en vacances ! A l’aéroport, il y a un problème : ma sœur n’a pas de passeport donc elle n’a pas le droit de partir en avion avec nous, il y a des policiers qui la prenne pour la mettre en prison, du moins, c’est ma compréhension des faits, allez voir la lettre d’Anne-Amalia, elle vous racontera sa version. Je suis un peu triste, mais il y a aussi des avantages. Je me retrouve donc avec papa et maman juste pour moi aux Etats-Unis. Que vous raconter de ce pays ? Il y a beaucoup de drapeaux, et c’est une grande occupation pour moi de les compter pendant les trajets en voiture. Jusqu’à 14, je maîtrise, après, il faut encore que je me fasse aider pour ne pas me tromper dans les chiffres. Pendant la route, je me laisse aussi lire beaucoup de livres, chante, joue avec les jouets du bord : pinces à linge, nounours, etc. et bien sûr, avec mon petit chat. Même si nous changeons chaque jour de lieu, il y a des valeurs sûres qui restent : tous les jours, il y a une plage avec plein de sable, la mer avec de l’eau salée, « hum, c’est bon, le sel » alors j’en bois de grandes rasades. Tous les soirs, je m’endors dans ma petite tente personnelle, rouge, évidemment, sur un emplacement de camping avec palmier.
Nous allons à Disney voir Mickey, « Miquette » (plutôt que « Minie », je trouve plus joli de l’appeler comme ca) et Donald. Je vois aussi plein de princesses dont Cendrillon, Blanche-Neige, Arielle, plein de sorcières dont celle d’Arielle, celle de Blanche-Neige et celle de la Belle au bois dormant. Bien sur je rencontre les écureuils Tic et Tac et surtout, il y a Baloo du livre de la jungle, qui me fait un câlin !
Dans les campings, je retrouve encore Tic et Tac et leurs copains, qui viennent manger les restes de mon repas, ils sont plus petits qu’à Disney, mais ils sont vrais. Il y a aussi « Blume » (= Fleur, le putois dans l’histoire de Bambi) qui nous rend visite un soir et qui est également très intéressé par notre repas. Nous sommes précisément en train de griller une cuisse de sorcière au feu de bois et nous sommes obligés de le chasser en lui expliquant qu’il doit nous laisser manger tranquilles et qu’il aura le droit de manger que quand nous aurons terminé.
Chouette, pour la deuxième semaine, Anne-Amalia qui en fait était avec Opa et Oma et non avec des policiers, a pris l’avion et nous rejoins. Je suis contente de la revoir et nous nous amusons bien toutes les deux.
Nous lui montrons les crocodiles et les tortues dans un parc déjà visité sans elle mais après nous en rencontrons carrément en pleine nature lors d’une sortie en canoë.
Ah, chouette, maintenant, nous allons sur une plage de sable. A peine arrivée en bordure de plage, je m’exclame : « C’est déjà bien ici ! » et sans plus attendre, je plonge dans le sable avec mes jouets. Au programme : cacher les pieds, cacher les mains dans le sable, se rouler dedans en faisant « Sand-Engel » (c’est une version estivale de « Schnee-Engel »), puis, je me laisse quand-même convaincre par les parents, qu’un peu plus près de la mer, la plage est aussi très bien. Je recommence le programme complet des jeux dans le sable, puis vais jouer à saute-vagues.
Oh, la, la, les vacances sont finies. Nous voilà repartis en avion. Comme petit chat a des ailes (c’est un chat magique), il vole à coté de l’avion et je peux lui faire coucou depuis mon hublot. Ma sœur et moi ne dormons pas beaucoup, mais jouons très sagement. En arrivant le matin, bien que n’ayant dormi que 2-3 heures, nous restons exemplaires !
En bilan des vacances, je confie à maman : « Les vacances, c’est bien quand il n’y a pas Anne-Amalia, parce que quand elle est là, elle parle toujours et moi je ne peux pas parler. Mais c’est bien quand elle est là parce qu’on rigole bien. »

Et voilà, il faut repartir à l’école ! Aujourd’hui, j’ai mis un doudou dans le sac de maman, pour qu’elle puisse aussi avoir une petite poupée pour sa sieste. A mon grand étonnement, elle m’a dit qu’à son travail, il n’y a pas de lit pour dormir. « Pas des petits lits, mais des grands lits peut-être ? », mais non, il n’y en a pas non plus. Bon, tant pis, elle doit quand même garder le doudou, elle en aura besoin pour faire une sieste après son travail. Je lui fais mon au revoir habituel : un bisou, un câlin, puis je la laisse aller travailler, pendant que je vais m’amuser avec les copains.
Ce soir, elle me propose de visiter son travail. Je veux tout voir : chaque couloir et chaque collègue. C’est très intéressant. En rentrant, je lui avoue : « il est bien ton travail, mais pas pour les petits parce qu’il n’y a pas de jeux ».

En rentrant à la maison, nous admirons les fleurs qui ont poussé dans tout le jardin. C’est vraiment le printemps ! Maman explique que j’ai le droit de ramasser les pâquerettes si je veux faire un bouquet, mais que je ne dois pas toucher à la jolie tulipe rouge qui vient de s’ouvrir. Aussitôt, je me penche sur cette tulipe en criant sur un ton péremptoire: « non petit chat, sort d’ici, tu n’es pas une abeille ! ». Incident passé, ouf, il n’a pas abimé la tulipe, je vais ramasser les fleurs autorisées et offre un magnifique bouquet de têtes de pâquerettes à maman.

Ah, ca faisait longtemps que nous étions pas allés à la piscine. Maman achète une carte pour Anne-Amalia et pour elle. Pas pour moi car c’est gratuit en dessous de 4 ans. J’aimerais pourtant bien avoir une carte pour moi toute seule à mettre dans la machine qui fait ouvrir la barrière, alors je crie : « J’ai déjà 4 ans, j’ai 4 ans ! ». Maman m’explique qu’il faut encore attendre un mois avant de fêter mon anniversaire. « Oui mais, j’ai déjà 4 ans parce que mon anniversaire est déjà passé et c’est juste que je ne l’ai pas encore fêté avec les copains. », puis je reprends mon refrain à tue-tête : « J’ai déjà 4 ans, j’ai 4 ans ! ».  Je ne sais pas pourquoi, maman a l’air très gênée, mais en tout cas, elle ne m’a pas quand même pas acheté de billet.

Dans beaucoup d’autres situations, je ne me laisse pas démonter et je donne mon avis, argumente en toute occasion par des « Oui, mais… » ou des « Parce que ». Mon flot de paroles en l’absence de ma sœur est immense, la seule chose encore à travailler, c’est ma prononciation des J. Si je suis absorbée par tout ce que j’ai à raconter, ca va vite tourner au « ze zoue », mais si on me fait signe de faire attention je saurai prononcer sans faute des phrases aussi difficiles que: « je joue toujours et j’aime manger ».

Maman a vraiment un gros ventre. Je fais des bisous et des câlins dessus. « C’est un gentil ventre parce qu’il y a un gentil bébé dedans ! ». Je demande continuellement à maman si son ventre a encore grossit et quand est-ce que le bébé va sortir. Calculer en mois ne représente pas grand chose pour moi.
Quand maman m’a annoncé la première fois qu’elle avait un bébé dans le ventre, par jeu, mais aussi par conviction, je disais que moi aussi j’en avais un dans le ventre. « Mais si !, tu vois bien, mon ventre il fait comme ça, il n’est pas plat ! » Bon, je ne fais quand même pas de complexes sur mes formes et mon petit bedon de fillette de 3,5 ans mais j’ai eu besoin de beaucoup d’explications : j’ai compris qu’après les repas le ventre est toujours plus gros. J’ai aussi compris que pour avoir un vrai bébé dans le ventre, il faut beaucoup de conditions : un papa et une maman qui s’aiment et qui voudraient bien tous les 2 avoir un bébé. D’ailleurs, maintenant le ventre de maman est vraiment plus gros que le mien, ça se voit que elle c’est pour de vrai. Bon, comme je n’ai donc pas de bébé dans mon ventre mais que j’en ai besoin d’un dans mon monde, c’est maintenant la maman de mon petit chat qui est enceinte.

Bon, je vous laisse car mon petit chat miaule pour que j’aille jouer avec lui.
A la prochaine,

Claire-Estelle