12-01-2007

Munich, le 12 janvier 2007

Bonjour les amis !

Alors, si je rajoute une année de plus à 2006, ça fait combien ? Et oui, je m’intéresse de plus en plus aux chiffres. Début novembre, à la question « ça fait combien », je récitais en guise de réponse : « 1,2,3,4,5,6 », puis progressivement, je me suis intéressée à la signification et ai essayé de dénombrer les objets que l’on me montrait. J’ai aussi vite appris comment berner : « Claire-Estelle, s’il te plait, ne prends qu’un seul nounours pour aller à la piscine ! ». Je regarde donc bien tous mes nounours : 2 souris, un chat, un bébé puis choisis bébé et la grande souris en annonçant fièrement mon choix : « un seul bébé et une seule souris ! ».

Question langage, je ne suis pas encore une aussi grande pipelette que ma sœur, mais je progresse. Je chante beaucoup des chants que j’invente, pour accompagner mes jeux où pour agrémenter les voyages en voiture.
Pour parler, je n’utilise pas souvent de verbes conjugués pour construire mes phrases, mais j’utilise plein de petits mots de liaisons qui me rendent mignonne à craquer : « bon, alors, mais, par contre … » et puis dans les conversations, j’acquiesce avec des « Ah, d’accord ! », « Ah bon ! », ou je me désole avec des « Oh, non ! », « dommage ! ».

Aujourd’hui, tout le monde va travailler. Comme Anne-Amalia n’a pas envie d’aller à l’école, je râle aussi et ne veux pas aller chez ma nourrice Gabrielle, mais une fois arrivée, je dis à peine au revoir et fonce jouer. Alors, c’était bien chez Gabrielle ? « oui, moi, joué. Marie aussi joué. Mais pas ensemble joué ».
J’adore jouer, le problème c’est que je n’en ai pas assez le temps. Alors je m’en plein et m’accroche à mes jouets quand il faut partir de chez Gabrielle pour rentrer à la maison, lorsqu’il faut quitter la maison pour aller à la piscine ou à la musique, quand il faut quitter la piscine ou la musique pour rentrer à la maison…

J’aime jouer à tout : aux jeux de société, comme « le cochon qui rit », les puzzles, évidemment aux poupées en les nourrissant, les habillant, les couchant dans plein de couvertures et aussi aux jeux de rôles. Ma vie, mes jeux, ma fantaisie sont tellement unis que vers la fin octobre, je suis devenu un chat rouge, répondant uniquement au nom de Trudi (comme le 2ème chat de Opa et Oma à l’Ammersee qui en fait est gris), ma sœur étant Frida (le 1er chat, sa maman).
Anne-Amalia prend ce rôle uniquement quand elle joue avec moi, puis redevient une fille en dehors des jeux. En ce qui me concerne, je refuse totalement qu’on dise de moi que je suis une fille et refuse également le prénom de Claire-Estelle. Cette fantaisie dure un mois et demi, puis j’arrive à me soigner en acceptant progressivement et dans certaines conditions, de répondre au nom de Claire-Estelle. Maintenant, maman s’adresse à moi qu’avec ce prénom mais je persiste encore en refusant qu’elle m’appelle de façon groupée avec ma sœur : «les filles » et veux toujours une attention particulière pour moi, alors elle doit se reprendre : « la fille et le chat ».

Dans ma vie, il y a beaucoup de petits trucs. Maman à l’air pressée de m’aider à mettre mes chaussures pour partir chercher Annne-Amalia à l’école, mais je lui dit : « Attends, moi chercher un p’tit truc ». Je monte les deux étages puis redescends avec l’index appuyé contre le pousse puis donne fièrement mon « p’tit truc » fictif à maman, ça y est, moi aussi je suis prête, nous pouvons y aller.
Pareil quand on mange, il faut absolument que je descende de table pour aller chercher un « p’tit truc », disparais de la pièce puis reviens au bout de quelques instants tenant ma main vide en forme de pince et dépose mon « p’tit truc » vers maman et recommandant de ne pas le manger, puis en dépose un autre sur la place de papa, pour quand il rentrera le soir.
Et les « p’tits trucs » continuent de m’occuper dans maintes activités.

Ah, aujourd’hui, nous allons à la montagne. C’est super, nous prenons un télécabine, puis ensuite, il faut marcher un peu pour rejoindre le sommet. Anne-Amalia galope déjà devant. Je cours aussi, mais devant l’effort, je me décourage un peu et me mets démonstrativement à tousser et explique à maman qu’il faut qu’elle me porte car me fait tousser de devoir marcher.
Même en dehors de conditions particulières comme la montagne, j’adore être portée, alors, je trouve toujours les arguments appropriés : « pas lourde, moi » ou bien « toi, pas grand chose », c’est vrai, ça, si maman n’a rien d’encombrant dans les bras, elle pourrait quand même me porter !

Oh, voilà déjà le mois de décembre, ma nourrice me dit au revoir, ainsi qu’aux autres enfants, car elle arrête de travailler. Je partage donc mon temps entre l’Ammersee où je joue avec Oma pendant que maman travaille, la maison et l’école, où je fais quelques petits « tests » de 2-3 heures pour m’habituer.
J’enlève mes couches et j’arrive tout de suite à être propre le jour.
Au début, maman est un peu septique, alors elle me demande toutes les demi-heures si je veux aller sur le pot. Pour ne pas passer l’heure, elle fait sonner la sonnerie du four. Du coup, je m’habitue à l’entendre : attention, il y a le pipi qui sonne, je fonce appuyer sur le bouton pour arrêter la sonnerie, puis fonce sur mon pot. Très vite, je n’ai plus besoin de cette aide et m’y rends juste quand j’en ai envie. Mais je ne sais pas pourquoi, quand maman fait un gâteau et que le four sonne parce que c’est cuit, ça me donne envie d’aller aux toilettes…
J’aime bien parler à mon pipi, lui demander si ça va, etc., puis tirer la chasse est aussi un grand bonheur.

A la mi-décembre, nous partons toute la famille pour de grandes vacances sur un bateau de croisière. Nous dormons tous dans la même chambre et c’est super. Je dors dans un lit sans barreaux. La première nuit, malgré les coussins pour me caler, je me casse la figure, mais ensuite, je m’habitue vite et reste en place. Il a y certains rituels culinaires que j’apprécie : tous les matins, nous déjeunons à un self et je me réjouis de ma brioche au sucre, enfin, juste du dessus sucré puis laisse papa se charger du reste.
Le soir, il y a souvent au menu une salade avec une rondelle de citron. Chaque soir, je me précipite dessus. « Bah ! c’est acide ! », puis avec un grand sourire, je recommence pour mieux découvrir et approfondir cette sensation. Au dessert, je commande traditionnellement une glace à la pistache.
Dans ce grand bateau, il y a un magasin avec des nounours à l’entrée. Je choisi le plus doux et vais l’installer sur le fauteuil d’un salon qui touche le magasin. Oh ! Il y a le même nounours en bleu ! Je le prends également et vais l’installer à côté du premier. Oh, il y en a aussi un rose, un jaune, un papa nounours, une maman nounours, le nounours d’un nounours… Progressivement, il y a une dizaine de nounours qui transitent de leur corbeille de vente au fauteuil du salon. Finalement, maman vient me dire qu’ils doivent retourner se coucher alors, un par un, je leur souhaite une bonne nuit, leur fait un petit câlin puis les réinstalle dans la corbeille du magasin.
Bon, puisque les nounours sont couchés, j’en profite pour aller au casino pour apprendre à conduire avec Anne-Amalia. C’est super, il y a un volant et plein de boutons. Même pas la peine de mettre de pièces, les images défilent quand même.

Maintenant, un peu de culture : dans le grand hall du bateau, il y a un pianiste et un violoniste que j’aime bien et qui nous aiment bien avec Anne-Amalia. Dès que nous passons par là, nous fonçons sur eux. Le pianiste nous prend tour à tour sur ses genoux et nous pose les mains sur les touches pour accompagner mélodieusement le violoniste. Même Bébé-Toujours a le droit de jouer au piano ! Ensuite, je m’installe au bord d’un canapé avec mes 10 coquillages ramassés sur la plage de Malaga et passe plus d’une heure à les arranger d’un tas à l’autre, à les mettre en ligne où maintenant par exemple, je viens de fabriquer un « crame », n’essayez pas de savoir ce que c’est, il n’y a pas de traduction dans le langage des adultes, tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il faut placer cinq coquillages d’une façon très particulière pour former deux yeux, un nez et une bouche.
Aujourd’hui, le bateau fait halte à Casablanca. Je fais une promenade en famille dans cette ville. Les enfants qui me croisent se penchent sur ma poussette et me font des bisous de bienvenue. Les adultes me caressent les cheveux. Tout le monde m’aime bien et comme je suis très polie et un peu star aussi, je réponds par de larges coucous en tendant les bras depuis ma poussette.

Voilà, maintenant, les vacances sur le bateau sont finies. Le temps d’une sieste dans la voiture, nous voilà déjà chez Pyline et Myline. Je les salue chaleureusement en arrivant puis repère la caisse de jouets et fonce dessus avec mon habituel cri de guerre : « jouer ! ». Bien que ce soit l’heure du dîner, je n’ai vraiment pas le temps d’aller manger, il faut que je joue au kiki.

J’aime bien le Père Noël, il est rouge. Il m’a apporté des cadeaux rouges.
Autant chez Pyline et Myline que chez Papé et Anne, il m’a offert des drôles de cadeaux évolutifs : en ouvrant mon premier cadeau, je m’exclame : « Oh, un sac de couchage ! » et y installe mon bébé en prenant soin de bien refermer la fermeture éclair. Plus tard, maman trouvera une autre fonction en m’enfilant ce « sac de couchage » et ça forme en fait une jolie petite veste rouge pour moi. En plus, Myline a un fauteuil rouge et s’est habillée spécialement pour moi en rouge, donc quand je vais sur ses genoux et bébé sur les miens, ça fait une magnifique pile rouge à mon plus grand bonheur.
J’ouvre un autre cadeau par le bas et découvre 4 pieds et me réjouis : « Oh, une chaise ! ». Bon, en fait en enlevant tout le papier cadeau, je m’aperçois que c’est une petite valise et c’est aussi super, pour y coucher Bébé Toujours dedans puis pour partir en voyage dans la maison de Papé.
Un autre cadeau, rectangle, plat et aussi grand que moi, c’est évidemment un livre! Je vais déjà chercher papa pour qu’il me le lise. En fait, c’est une petite tente pour Anne-Amalia et moi et nous passons le reste de l’après midi à jouer dedans.

Les vacances voyageuses continuent, nous allons maintenant dans une grande maison avec plein de copains pour tous les âges pour fêter le nouvel an. Au programme : ballades à pied ou en luge, jouer avec les copains dans la maison, et le soir du réveillon, c’est la fête : jus de pomme à volonté, alors j’en aligne 3 d’entrée, vin pour enfants (grenadine) que je goûte fièrement aussi, ballons dont un rouge que je réserve pour Bébé Toujours. Ensuite, nous dansons : danser en tournant sur moi-même, la danse des canards, la chenille, .. je m’éclate vraiment !


Chouette, nous sommes de nouveau à la maison et c’est ma rentrée. Dans mon école, il y a des nounours, un cheval à bascule, mon maître chante et joue de la guitare, ma maîtresse me donne des bonbons, des petites tables et chaises à ma taille pour manger à midi, des lavabos aussi à ma taille avec des torchons rouges pour se sécher les mains, une grande salle ou nous faisons tous la sieste sur des petits lits, des poupées, des déguisements. Ah, dommage, maman vient déjà me chercher parce que c’est le soir. Heureusement, demain je pourrai continuer à jouer.
La directrice me félicite, elle n’a jamais vu un enfant qui s’adaptait aussi bien et aussi vite. Quand maman demande à mon maître comment s’est passée la journée, il répond : « Claire-Estelle, on ne la voit presque pas, elle reste toute la journée occupée à jouer tranquillement dans son coin ». En fait, ce n’est pas vrai, il y a Clémentine, 4 ans, qui a remarqué que j’étais aussi française comme elle et joue avec moi en français. L’après midi, les groupes sont mélangés et je joue avec ma sœur qui est très fière de me montrer tous les jouets et de s’occuper de moi.

Bon, je vous laisse car maintenant, je dois aller jouer avec Anne-Amalia : c’est elle la maman et moi, je suis le bébé qu’elle couche, couvre avec des couvertures et je me fais apporter à domicile une montagne de jouets.

Je vous fais plein de bises rouges et chaleureuses et à bientôt,


Claire-Estelle